Article santé co-écrit avec notre experte Pauline, diététicienne pédiatrique

Idées reçues sur l’alimentation des tout-petits partie 3 : on continue de démêler le vrai du faux avec Pauline, notre experte en nutrition infantile.

  1. Protéines, viande, végétarisme et produits laitiers

Mythe : « Plus de protéines = mieux pour la croissance »

⇢ Réalité : Les besoins en protéines des jeunes enfants sont limités, et largement couverts par une alimentation variée. Un excès de protéines n’améliore pas la croissance, et peut au contraire surcharger l’organisme et être associé à un risque accru de surpoids plus tard. L’objectif n’est pas “le plus possible”, mais “la bonne quantité”.

Mythe : « La viande est indispensable tous les jours »

⇢ Réalité : La viande est une bonne source de fer et de protéines, mais ce n’est pas la seule. On peut alterner avec le poisson, les œufs, les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots…), et les produits céréaliers. Ce qui compte, c’est la variété sur la semaine, plus que la présence systématique de viande chaque jour.

Mythe : « Les enfants de moins de 3 ans ne peuvent pas manger végétarien »

⇢ Réalité : Un régime végétarien bien pensé, avec une attention particulière portée au fer, aux protéines, à la vitamine B12 et aux bonnes graisses, peut être compatible avec la petite enfance. Il demande en revanche d’être bien structuré et idéalement accompagné par un professionnel de santé ou un·e diététicien·ne formé·e.

Mythe : « Les produits laitiers sont à éviter en cas de rhume »

⇢ Réalité : Les produits laitiers ne “fabriquent” pas de mucus et ne “chargent” pas les bronches. En l’absence d’allergie ou de pathologie particulière, il n’y a pas de raison de les supprimer systématiquement quand un enfant est enrhumé. On s’adapte surtout à son appétit et à ce qu’il tolère sur le moment.

Mythe : « Le miel, c’est naturel, c’est bon pour bébé »

⇢ Réalité : Avant 1 an, le miel est déconseillé à cause du risque de botulisme infantile, même en petite quantité. Au-delà, cela reste un sucre ajouté, à utiliser avec parcimonie. “Naturel” ne veut pas forcément dire adapté à tous les âges.

  1. Légumes, refus et pression à table

Mythe : « Mon enfant n’aime pas les légumes »

⇢ Réalité : Les goûts se construisent dans le temps. Un enfant peut avoir besoin de voir et de goûter un aliment de nombreuses fois, sous des formes différentes (purée, morceaux, soupe, gratin, bâtonnets…) avant de l’accepter. Dire trop vite “il n’aime pas” fige quelque chose, alors que la répétition, la curiosité et l’exemple des adultes à table sont de puissants leviers.

Mythe : « Si je force, il finira par manger »

⇢ Réalité : Forcer un enfant à manger peut détériorer sa relation avec l’alimentation, créer de la tension autour des repas et brouiller ses sensations de faim et de satiété. Proposer régulièrement, sans chantage ni récompense, dans une ambiance calme et conviviale, est beaucoup plus efficace pour installer de bonnes habitudes et une relation sereine à la nourriture.

 

Cet article ne remplace pas un avis médical individuel, surtout en cas d’allergies, de pathologie ou de préoccupations particulières autour de la croissance ou de l’alimentation de votre enfant. Pour toute question spécifique, n’hésitez pas à vous tourner vers votre pédiatre, médecin généraliste ou un(e) diététicien(ne) spécialisé(e) en pédiatrie.