Article santé co-écrit avec notre experte Pauline, diététicienne pédiatrique
Idées reçues sur l’alimentation des tout-petits partie 2 : on continue de démêler le vrai du faux avec Pauline, notre experte en nutrition infantile.
- Sel, sucre, boissons et “healthy”
Mythe : « Le sel et le sucre sont interdits avant 1 an »
⇢ Réalité : On parle plutôt de les limiter au maximum que de les “interdire” dans l’absolu. Les reins des bébés sont encore immatures et n’ont pas besoin de sel ajouté, et les aliments contiennent déjà naturellement du sodium. Les produits sucrés (gâteaux, desserts, boissons sucrées) n’apportent pas de bénéfice nutritionnel et favorisent une forte préférence pour le très sucré.
Mythe : « Le sel et le sucre donnent du goût, sinon l’enfant ne mangera pas »
⇢ Réalité : Les bébés ont un palais très sensible, ce qui semble fade à un adulte ne l’est pas pour eux. On peut donner du relief aux plats en utilisant des herbes aromatiques et des épices douces (basilic, persil, thym, cannelle, vanille, etc.), sans avoir besoin d’ajouter du sel ou du sucre.
Mythe : « Les smoothies et jus de fruits, c’est bon pour la santé »
⇢ Réalité : Même faits maison, jus et smoothies sont riches en sucres libres et pauvres en fibres, surtout lorsqu’ils sont filtrés. Pour les tout-petits, on privilégie le fruit entier, écrasé ou en morceaux adaptés, plutôt que les fruits à boire. Les jus restent à limiter, même s’ils sont présentés comme “vitaminés”.
- Lait de croissance, lait de vache et “lait de grand”
Mythe : « Il faut arrêter le lait à 1 an »
⇢ Réalité : Entre 1 et 3 ans, le lait (maternel, 2e âge ou croissance) reste une source importante d’énergie, de calcium et d’autres nutriments. On ne remplace pas le lait par les solides du jour au lendemain : la part du lait diminue progressivement à mesure que l’alimentation solide se diversifie et se structure.
Mythe : « Les bébés doivent boire du lait de croissance jusqu’à 3 ans »
⇢ Réalité : Le lait de croissance est formulé pour répondre aux besoins spécifiques des jeunes enfants (moins de protéines que le lait de vache, plus de certains nutriments), mais ce n’est pas une obligation absolue. Une alimentation bien équilibrée, éventuellement avec d’autres laits adaptés, peut aussi couvrir les besoins, à condition d’être pensée avec un professionnel de santé.
Mythe : « Le lait de vache dès 1 an, c’est pareil que le lait de croissance »
⇢ Réalité : Le lait de vache n’a pas la même composition que les laits infantiles : il est plus riche en protéines et pauvre en fer, et ne répond pas exactement aux besoins des 1–3 ans. On peut l’introduire progressivement (dans les préparations, puis en boisson), mais il est important de surveiller l’équilibre global de l’alimentation pour éviter les excès de protéines et les manques en certains nutriments.
Cet article ne remplace pas un avis médical individuel, surtout en cas d’allergies, de pathologie ou de préoccupations particulières autour de la croissance ou de l’alimentation de votre enfant. Pour toute question spécifique, n’hésitez pas à vous tourner vers votre pédiatre, médecin généraliste ou un(e) diététicien(ne) spécialisé(e) en pédiatrie.
